Union européenne
Les renouvelables dépassent les énergies fossiles

L’Union européenne vient de franchir un cap : en 2025 – et pour la première fois –, l’éolien et le solaire ont produit davantage d’électricité que le charbon et le gaz. Cette info est rapportée par le think tank britannique Ember, qui analyse la production d’énergie partout dans le monde. Les renouvelables atteignent ainsi 30% du mix européen, portées par un solaire record. Et si le charbon est quasiment sorti du jeu, le gaz en demeure le talon d’Achille ; la baisse de l’hydraulique a en effet accru son utilisation, faisant bondir les importations et entraînant une flambée des prix sur le marché de l’électricité. La transition énergétique reste donc un enjeu stratégique majeur pour l’Europe, notamment en raison « du risque de chantage énergétique de la part des exportateurs d’énergies fossiles ». « Investir dans les énergies renouvelables produites localement constitue une stratégie essentielle pour atténuer ce risque, dans un contexte géopolitique toujours plus instable », indique Ember. Le think tank ajoute que le développement des batteries, le renforcement des réseaux et la flexibilité de la demande sont essentiels pour intégrer davantage d’éolien et de solaire, et stabiliser les prix.

Consommation
La Suisse peut-elle répondre aux besoins des data centers ?

La question a été examinée par la plateforme d’actualité swissinfo, après la publication d’un sondage mené par AlgorithmWatch CH selon lequel 72% des personnes interrogées estiment que de nouveaux centres de données ne devraient être construits que s’ils sont alimentés par des énergies renouvelables. Déjà responsables de 6 à 8% de la consommation d’électricité, les quelque 120 centres de données suisses pourraient en absorber jusqu’à 15% d’ici à 2030 – soit 4,6 TWh supplémentaires à produire ou à importer. Très concentrées autour de Zurich, ces infrastructures mettent déjà sous pression certaines zones du réseau, au point que de nouvelles sous-stations sont construites et certains opérateurs décident de s’implanter dans d’autres cantons disposant encore de capacités de raccordement. Par ailleurs, si à l’échelle de la Suisse la consommation d’électricité est restée globalement stable ces dernières années, l’essor de l’intelligence artificielle pourrait augmenter fortement la demande en électricité des data centers. Certains pays – l’Irlande et les Pays-Bas, notamment – ont déjà restreint la construction de nouveaux centres de données face à la saturation du réseau.

Mix Énergétique
Les ventes de voitures électriques repartent à la hausse

Avec près de 23% des nouvelles immatriculations en 2025, la part des voitures 100% électriques augmente de nouveau en Suisse. Un niveau qui reste toutefois bien inférieur aux 50% visés par la Confédération, mais qui place notre pays dans la moyenne haute en Europe, très loin néanmoins derrière la Norvège, leader incontesté en la matière avec 96% de part de marché pour les véhicules à prise. Désormais, une voiture sur vingt roule à l’électricité en Suisse. Les plus branchés sont les 45-64 ans.

Mobilité
Moins de carbone à la prise ?

En 2025, la teneur en CO₂ de l’électricité consommée en Suisse a augmenté ; elle atteint 90 g/kWh, contre 57 en 2024. La faute à la météo, avec des niveaux historiquement bas des lacs de retenue des barrages au printemps. Pour combler le déficit, la Suisse a ainsi dû importer davantage de courant. Or, celui-ci provenait majoritairement de centrales à gaz, la production d’électricité renouvelable ayant notamment été plus faible en Allemagne en 2025. Selon les modélisations de l’Association des entreprises électriques suisses (AES), la teneur en CO2 de l’électricité à la prise en Suisse devrait être ramenée à 46 g/kWh en 2050. Une baisse possible grâce à l’essor du solaire, à un hydraulique stable et à des importations européennes moins carbonées. Les émissions restantes ne devraient plus résulter de la production d’électricité mais de la chaîne d’approvisionnement, en particulier de la fabrication des équipements électriques et de leur transport vers la Suisse.

Électricité
110 tonnes

C’est le poids total des deux transformateurs qui équiperont la future sous-station électrique du Pont-du-Rhône, à Sion. L’installation de ces mastodontes a nécessité un convoi exceptionnel, une grue spécialisée et huit heures de travail pour l’équipe dédiée. Dès 2027, la sous-station assurera le rôle de conversion entre le réseau suprarégional (65 kV), géré par Valgrid, et le réseau régional de moyenne tension (16 kV), opéré par OIKEN.

Le chiffre
– 4% baisse des émissions de CO₂

C’est – en 2024 et par rapport à l’année précédente – la baisse des émissions de CO₂ liées aux combustibles, après correction des variations météorologiques. Soit une diminution de 44% par rapport à leur niveau de 1990, année de référence. Cette baisse s’explique principalement par une meilleure efficacité énergétique des bâtiments et par l’usage accru d’énergies renouvelables pour le chauffage. En parallèle, les émissions liées aux carburants ont baissé de 2% sur un an et de 7% depuis 1990. Une tendance qui s’explique par de nouveaux comportements (télétravail notamment) et par la part croissante de véhicules électriques en circulation. (Source : OFEV)

Mobilité
Pédaler vers 2042

Sans infrastructures adaptées, difficile d’adopter la mobilité douce au quotidien… Afin d’ancrer le vélo dans les habitudes des Suisses, la Loi fédérale sur les voies cyclables impose aux cantons et aux communes de mettre en place des réseaux interconnectés d’ici à 2042. La Confédération doit quant à elle aménager des liaisons sûres sur certaines routes nationales et aux jonctions autoroutières. Et, selon un premier bilan intermédiaire de l’Office fédéral des routes (OFROU), les choses avancent bien : presque tous les cantons ont déjà créé un service spécialisé et intègrent la planification dans leur plan directeur. L’OFROU a par ailleurs lancé en 2024 la plateforme en ligne « Roadmap Velo » pour informer le public sur l’importance des réseaux cyclables et inviter les acteurs du domaine à promouvoir ensemble la mobilité cycliste.

Justice
La haute cour de l’ONU ouvre la voie aux « réparations » climatiques

Dans un avis consultatif qualifié d’historique, la Cour internationale de justice (CIJ) affirme que les États ont « l’obligation de prévenir les dommages significatifs à l’environnement » et doivent « coopérer de bonne foi » pour enrayer le changement climatique. Saisie en 2023 à l’initiative du Vanuatu – un petit pays du Pacifique fortement menacé par la montée des eaux –, la Cour précise que l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte à l’inaction. Elle invoque plusieurs traités multilatéraux, mais aussi le droit coutumier international. Les obligations climatiques concernent donc tous les États et pas seulement les signataires des grands accords sur le climat ; ceux qui les violent commettent un acte « illicite » pouvant donner lieu à une « réparation intégrale » du préjudice subi par les pays lésés. « C’est une victoire pour notre planète, pour la justice climatique et pour le pouvoir des jeunes de faire bouger les choses », a affirmé le secrétaire général de l’ONU.

Logement
Et si le contrat de bail permettait d’accélérer la transition énergétique ?

C’est en tout cas l’objectif du « bail vert » (ou green lease). Encore peu répandu en Suisse, ce modèle prévoit, en plus des conditions habituelles des contrats de location, que locataires et bailleurs s’engagent dans des démarches écologiques pour les bâtiments. L’Office fédéral de l’énergie (OFEN) vient de publier un rapport sur la perception de ces baux dans le contexte suisse. Dans le secteur commercial, les grands bailleurs institutionnels y sont généralement favorables, tandis que les locataires – en particulier les PME – redoutent des ingérences ou des coûts imprévus. Dans le domaine résidentiel, si les propriétaires institutionnels semblent motivés, les bailleurs privés sont souvent peu concernés. Les locataires sont quant à eux critiques, « par manque de compréhension des avantages potentiels ou de bénéfices tangibles ». Selon le rapport, pour être acceptés, ces contrats doivent offrir un avantage concret aux locataires et rester équilibrés, avec un dialogue continu entre les parties. SuisseEnergie devrait notamment fournir des outils pour conclure des baux écologiques et développer des instruments pour favoriser leur impact. Idéalement, la Confédération devrait par ailleurs lancer des projets pilotes dans ses propres bâtiments.

La voie de la lenteur

Claude Barras

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Yannick Sauter

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