Le monde de demain

L’intelligence artificielle révolutionne le chauffage

Dans le contexte de la transition énergétique, l’intelligence artificielle s’impose comme une alliée de taille pour optimiser la consommation d’énergie. Afin d’améliorer l’efficience du parc immobilier, les systèmes de chauffage sont particulièrement ciblés par ces avancées technologiques.

L’intelligence artificielle (IA) ne révolutionne pas seulement les secteurs d’activité du numérique. Dans le domaine immobilier, ces avancées s’avèrent également des plus pertinentes. Appliquée aux bâtiments, l’IA offre en effet l’avantage de pouvoir analyser une multitude de données en temps réel pour prendre les meilleures décisions en termes d’efficacité énergétique, en particulier en matière de chauffage.

Concrètement, ces systèmes d’IA reposent sur l’exploitation de multiples données relatives aux conditions thermiques propres à un bien. Température intérieure et extérieure, données météorologiques ou encore habitudes et préférences des occupants en matière de confort thermique sont ainsi prises en compte. Les caractéristiques du bâtiment, telles que son isolation ou son orientation, constituent d’autres paramètres agrégés par ces dispositifs pour affiner les décisions du système.

Anticiper pour optimiser

En croisant toutes ces données, l’IA peut prédire les besoins en chauffage d’un bâtiment et ajuster la production de chaleur de manière très précise, permettant ainsi d’éviter le gaspillage d’énergie tout en contribuant à maintenir un confort optimal pour les occupants. En Suisse, plusieurs entreprises se positionnent sur ce créneau des plus porteurs, en exploitant à leur manière le potentiel des technologies basées sur le machine learning et l’IA.

Iris, une solution développée par Altis Groupe en Valais, va par exemple au-delà du simple compteur intelligent. Sa technologie utilise l’IA pour analyser les habitudes de consommation et fournir des recommandations personnalisées aux utilisateurs. Iris peut même détecter des anomalies dans la consommation, signalant par exemple un panneau solaire défectueux ou une pompe à chaleur dont le rendement est inférieur aux performances annoncées. Opérationnel pour les entreprises et les PPE, ce service est avant tout destiné aux professionnels de l’énergie.

La start-up YORD, basée à Fribourg, a quant à elle mis au point une solution qui permet de prendre en compte le comportement thermique d’un bâtiment ; elle est destinée aux communes, cantons et propriétaires (privés, régies et copropriétés). Objectif : permettre d’affiner les réglages des systèmes de chauffage pour éviter le gaspillage qui, à l’échelle du parc immobilier helvétique, représente 3,2 millions de tonnes de CO₂ et 2,6 milliards de francs par an. « Notre technologie repose sur nos algorithmes qui vont traiter les informations de nos capteurs sans fil disposés à l’intérieur, ainsi que les prévisions météorologiques », explique le directeur, Sébastien Bron. « Une fois ces données agrégées, notre système permet d’anticiper la dynamique thermique du bâtiment pour piloter automatiquement les réglages du chauffage. En moyenne, un bien muni de ce dispositif économise 23,8% d’énergie. »

Économies et bénéfices pour le réseau

L’impact de ces technologies intelligentes sur la consommation énergétique est donc loin d’être anecdotique. Ces économies se traduisent non seulement par des réductions importantes sur la facture, mais aussi par une diminution significative des émissions de CO₂ liées au chauffage. Autre atout : ces technologies permettent de lisser les pics de consommation, soulageant les réseaux électriques aux heures de forte demande. Cette gestion plus équilibrée de l’énergie facilite ainsi l’intégration des énergies renouvelables, dont la production est par nature intermittente.

Si l’amélioration de l’efficience énergétique d’un bien passe aussi et surtout par la rénovation de son enveloppe thermique, l’utilisation de ce type de dispositifs intelligents s’avère tout aussi bénéfique. Une complémentarité d’autant plus pertinente que, d’un point de vue stratégique, il est parfois préférable d’optimiser les réglages d’une chaudière pouvant fonctionner encore quinze ans plutôt que de la remplacer.