Le monde de demain

L’avenir des réseaux d’anergie et des besoins de rafraîchissement

L’évolution de la demande de rafraîchissement, notamment dans un contexte de réchauffement climatique, représente une opportunité de développer des réseaux d’anergie.

On entend par réseaux d’anergie l’ensemble des réseaux dont la température distribuée se situe entre 0°C et 30°C. Dans cette plage de température, les réseaux situés entre 0°C et 20°C permettront d’assurer à la fois des prestations de rafraîchissement et de chaleur ; au-delà de 20°C, seuls des besoins en chaleur pourront être couverts.

Ces réseaux fonctionnent de manière quasi similaire aux réseaux de chauffage à distance « classiques », à ceci près que les productions ne sont plus centralisées, mais décentralisées à l’échelle du bâtiment. Ces réseaux permettent ainsi de partager et de mutualiser des ressources parfois trop complexes ou coûteuses à exploiter à l’échelle du bâtiment (lacs, rivières, nappes phréatiques ou rejets de chaleur). Une fois dans les bâtiments, cette source peut être utilisée soit directement au travers d’un échangeur pour assurer le rafraîchissement (via les surfaces de planchers et de plafonds ou via la ventilation), soit à l’aide d’une machine de froid pour des applications nécessitant des températures plus basses, soit avec une pompe à chaleur pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire.
Capables de rafraîchir, chauffer et produire l’eau chaude sanitaire d’un grand nombre de bâtiments simultanément, ces réseaux réduisent à la fois les émissions de CO₂ et le recours aux ressources anergétiques. Ils représentent donc un élément essentiel pour la durabilité d’une région.

Les boucles d’anergie : un cercle vertueux

Les boucles d’anergie permettent quant à elles de développer des réseaux où les rejets thermiques des uns deviennent la ressource des autres. Elles réduisent non seulement la consommation d’énergie nécessaire pour produire du froid, mais elles permettent également de réutiliser la chaleur excédentaire pour d’autres besoins, contribuant ainsi à une gestion énergétique plus efficace et plus respectueuse de l’environnement.

Imaginons par exemple qu’un immeuble administratif soit « mis en boucle » avec des bâtiments locatifs situés à proximité. En été, une partie de la chaleur évacuée par le système de refroidissement des bureaux pourrait être envoyée dans le réseau pour couvrir une partie des besoins en eau chaude sanitaire du bâtiment locatif. De même, le froid rejeté en hiver dans la boucle anergie par les pompes à chaleur pourrait être utilisé pour rafraîchir les salles serveurs de l’immeuble administratif.