Les coulisses de l’énergie

Aux sources de l’eau potable

Dans la région de Sion, deux infrastructures majeures du réseau d’eau potable – les sources de la Fille et le réservoir de Wolf – font actuellement l’objet de travaux de remise en conformité par les équipes de OIKEN.

L’or bleu est hautement surveillé et les travaux sur les ouvrages qui le captent et le distribuent sont strictement encadrés. De tels chantiers sont d’autant plus délicats qu’ils doivent être menés sans interrompre l’approvisionnement en eau, ni altérer la qualité de la ressource. « L’eau est une denrée alimentaire, on touche donc à la question sanitaire », souligne Loïc Michel, chef de projet du secteur eau et gaz de OIKEN. « Nous allons même au-delà des exigences minimales du canton et de la Société suisse de l’industrie du gaz et des eaux. » Cette dernière définit les normes techniques de référence en Suisse pour la qualité, l’hygiène et l’exploitation des infrastructures en eau potable.

Sur le versant nord de la vallée du Rhône, certaines des installations des sources de la Fille, à proximité d’Arbaz, sont centenaires. Les eaux issues de plusieurs sources y sont collectées dans des chambres de captage distinctes, avant d’être réunies, puis acheminées vers le réseau. « Cela permet de contrôler la qualité de l’eau et d’isoler une source potentiellement problématique », explique Loïc Michel. Les travaux en cours consistent à remplacer six petites chambres de captage par quatre chambres préfabriquées en polyéthylène, plus grandes, mieux adaptées aux normes actuelles et aux contraintes du site. Et les résultats sont positifs, puisque les quantités captées sur la partie remise en service sont déjà plus importantes qu’avant les travaux. La suite des opérations consistera à raccorder les conduites des sources aux nouvelles chambres, puis celles-ci au réseau d’eau. Ce chantier est soumis à des règles strictes, dictées par la Loi fédérale sur la protection des eaux (LEaux) et ses ordonnances. « Par exemple, toutes les machines de chantier doivent fonctionner avec de l’huile alimentaire », précise Loïc Michel. « Et lorsqu’elles ne sont pas utilisées, elles doivent être sorties de la zone pour éviter tout risque de contamination. » La cartographie approximative des installations, construites il y a une centaine d’années, représente un autre défi pour l’exploitation et l’entretien.

Au réservoir de Wolf, sécuriser l’approvisionnement futur

En bas de la piste de l’Ours, sis sur la commune de Sion, proche des Agettes, le réservoir de Wolf capte à la fois de l’eau de source et de l’eau provenant du barrage de la Grande-Dixence, potabilisée grâce à un système d’ultrafiltration. L’infrastructure nécessitait une remise aux normes et une adaptation aux nouveaux besoins. « Sa capacité devenait trop limitée par rapport à l’évolution de la population », explique Loïc Michel. Un nouveau réservoir semi-enterré est en construction depuis 2024. Ce chantier s’intègre dans la rénovation globale du secteur des Agettes, un projet étalé sur plusieurs décennies. Le site intègre notamment une unité d’ultrafiltration, indispensable pour rendre l’eau du barrage potable. La mise en service de l’installation devrait se faire d’ici fin 2026.